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Forum des !dées : l’agenda

Parmi les forums des idées, et outre le Forum sur l’Agriculture qui a eu lieu le 14 juin dernier à Cluny, deux forums du Parti socialiste articuleront leurs réflexions autour de sujets intimement liés à l’environnement :

Le Forum Biens Communs, qui doit se tenir début 2011 ;

Le Forum Santé, avec un volet santé-environnement, prévu également pour début 2011.

L’initiative Yasuni-ITT, notre focus

Le Parti Socialiste soutient officiellement l’initiative Yasuni ITT (Ishpingo- Tambococha-Tiputini), lancée le 5 juin 2007. L’État équatorien s’engage à maintenir indéfiniment inexplorées les réserves pétrolières du champ ITT au sein du Parc National Yasuní (850 millions de barils de pétrole). L’État recevra, en échange, une compensation internationale équivalant, au minimum, au 50% des utilités reçues dans le cas où les réserves seraient exploitées.

Avec ce projet écologique, le président Correa lançait un défi aux pays riches : payer pour éviter l’exploitation du pétrole. Pari peut-être gagné, un accord devant être signé avec l’ONU. Enquête à retrouver sur le site de Libération.

Marées noires, catastrophes écologiques et enjeux énergétiques : notre revue de web

Une revue de web consacrée aux marées noires, catastrophes écologiques qui sévissent dans le Golfe du Mexique, avec l’explosion de la plateforme de forage Deep Water Horizon, mais également dans le delta du Niger, où les conséquences sont largement moins médiatisées.

Plusieurs articles qui retracent l’explosion de la plateforme Deep Water Horizon (dont une chronologie, ici), les réactions de l’administration Obama, et le discours du Président, comparant la catastrophe à un 11 septembre écologique, ainsi que les coûts estimés. Un retour également sur les derniers rebondissements, des tentatives d’obturation (une prochaine aura lieu dans les jours à venir), aux causes possibles de la catastrophe relayées par les enquêteurs, et au manque de transparence de BP , dont le directeur général serait sur le départ après sa gestion décriée de la crise.

Par ailleurs, la médiatisation de ce qui se déroule aux Etats-Unis ne doit pas faire oublier, comme le déplorent de nombreux analystes, une autre catastrophe écologique : celle des marées noires dans le Delta du Niger, qui ont court depuis des dizaines d’années, en toute impunité pour les responsables.

Enfin, le point de vu des ONGs sur les problématiques qui sous-tendent ces catastrophes : Greenpeace  interpelle sur les enjeux de la révolution énergétique, et pose la question des risques d’extraction du pétrole, et des coûts (écologiques, économiques) qu’implique l’exploitation de nouveaux sites face à l’épuisement des grands champs pétroliers, rejoint par le WWF.

Explications et questions sur la campagne 10:10

Questions à…

Yann Arthus Bertrand, Président fondateur de Good Planet

Le 10 :10 est une initiative qui permet aux collectivités locales, aux entreprises et aux particuliers de prendre des engagements chiffrés de réduction sur une période donnée. Pour autant vous n’êtes pas pour un contrôle de ces chiffres, pourquoi ? Ne croyez vous pas que certains puissent récupérer le logo 10 : 10  a des fins « communicantes » sans appliquer de réelles politiques de réduction?

Les entreprises qui signent 10:10 s’engagent à nous communiquer leurs émissions au début de la période de réduction et 12 mois plus tard. Elles s’engagent également à nous fournir les documents qui pourraient prouver ces données, si nous le demandons. Nous avons donc mis en place un système de vérification. Mais pour nous, c’est un garde-fou assez secondaire. En effet, nos contacts avec les entreprises montrent qu’au contraire de ce que l’on pourrait craindre, elles sont très soucieuses de respecter leur engagement, car elles mettent en jeu leur image publique.  Je suis à chaque fois surpris du sérieux et de l’implication des entreprises que j’ai rencontrées.

Par ailleurs, l’expérience britannique, dont nous nous inspirons, montre qu’il y a très peu de mauvais élèves. Enfin, et plus fondamentalement, il faut accepter qu’il y a toujours des tricheurs, mais peu importe s’ils restent peu nombreux, si cela n’empêche pas une dynamique nationale de se mettre en place, et si, dans l’ensemble, les entreprises améliorent leurs pratiques et amènent une réduction importante et pérenne de leurs émissions de gaz à effet de serre.

La campagne de communication du 10:10 est basée sur l’échec des dirigeants à s’entendre à Copenhague et sur l’incitation à une action directe et volontaire de la part de la société civile internationale. L’échec de Copenhague était en grande partie due au désaccord entre les principaux émetteurs de GES, les Etats Unis et la Chine. Croyez-vous que le 10 :10 est réellement capable d’avoir une influence sur la société civile dans ces pays ?

Le mouvement 10:10 est né au Royaume-Uni en septembre 2009. En moins d’un an, il a essaimé en France, en Allemagne, au Pays-Bas, au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Ghana et dans plusieurs autres pays.  Chaque 10:10 exerce une influence nationale et il faudra attendre des 10:10 américain et chinois pour agir directement sur les politiques de ces pays.

Toutefois, chaque personne, entreprise ou collectivité qui s’engage –où qu’elle se trouve- montre que réduire ses émissions, c’est possible, dès maintenant. Et cela peut influencer ceux qui considèrent tout objectif comme inatteignable, ou repoussent à une date lointaine (en 2050, par exemple) toute action.

Pensez vous que les déceptions de ces derniers mois en matière d’environnement (échec de Copenhague, de la taxe Carbone, déceptions suscitées par le Grenelle II, petites phrases du président de la République au salon de l’agriculture, percée médiatique des climato sceptiques..) ont fait reculer la sensibilité des français sur le changement climatique ? Et pensez vous que l’initiative 10:10 puisse  avoir un impact sur ce ressenti?

On peut clairement sentir une démoralisation depuis Copenhague. Il est vrai qu’avec des hauts et des bas, nous, les écolos, nous avons pris nos désirs pour des réalités. Et la déception a été très forte. Pour autant, j’ai l’impression que les Français restent conscients du problème que représente le changement climatique. Le problème est qu’ils ne savent pas quoi faire, ne pensent pas être en mesure d’y changer quoi que ce soit, ou croient que cela leur reviendrait trop cher. Ce sont ces trois obstacles que 10:10 vise à dépasser. En proposant toute une série de gestes simples et peu coûteux – voire même qui peuvent faire économiser de l’argent-  10:10 vise à redonner aux gens l’envie d’agir.

La campagne 1010 repose sur l’exemplarité. Nous allons mettre en avant celles et ceux qui agissent, nous allons raconter leurs actions et montrer leurs réalisations. Ce faisant, nous allons montrer qu’agir est possible et nous donnerons des pistes à celles et ceux qui ne savent pas comment faire.

Pour trancher avec le pessimisme ambiant, 10:10 vise à susciter une dynamique optimiste, un enthousiasme. J’ai toujours été sensible à l’énergie et à la joie qui émanent de celles et ceux qui s’engagent pour une cause et j’aimerais la rendre communicative. C’est ce que j’ai voulu exprimer avec le slogan de la campagne : AGIR REND HEUREUX.

Le soutien du PS à la campagne 10:10 ; l’edito de Laurence Rossignol

Dans le cadre de son engagement contre le réchauffement climatique et pour la protection de l’environnement, le Parti socialiste a décidé de soutenir et de s’engager dans la campagne « 10:10 » que lance GoodPlanet, la fondation de M.Yann Arthus-Bertrand. Cette campagne de mobilisation citoyenne contre le changement climatique invite chacun à commencer  par l’essentiel : réduire volontairement, et de manière pérenne, ses émissions de gaz à effet de serre – en l’occurrence, de 10% à partir de 2010.

Cette proposition est en phase avec le projet social-écologique que nous portons, et avec la nécessaire transition environnementale que doit accomplir la société. C’est une campagne positive qui met en avant les efforts de celles et ceux qui s’impliquent dans la protection de notre planète et nous encourage toutes et tous à faire de même.

C’est également une campagne internationale puisque, outre le Royaume-Uni et la France, des campagnes « 10:10 » sont lancées dans plusieurs autres pays : Allemagne, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Ghana, Irlande, Portugal, Norvège etc… Une illustration pertinente de l’adage « penser global, agir local », qui démontre la conscientisation des sociétés civiles, dans un contexte où malheureusement les négociations sur les questions de changement climatique patinent.

Par ailleurs, ce projet, en prévoyant un accompagnement et des conseils, donne à chacun les moyens d’agir, à travers des éco-gestes simples.

C’est pourquoi, au nom du Parti socialiste, je suis fière d’apporter mon soutien à cette initiative, emblématique du monde que nous voulons, à la fois socialement juste, plus sobre, et respectueux du futur.

Laurence Rossignol,

Secrétaire nationale du Parti Socialiste chargée de l’Environnement et du Développement Durable.

Schéma national des infrastructures de transport : une nouvelle baudruche ?

Paris, le 13 juillet 2010

Bernard Soulage, Secrétaire national aux Transports
Razzy Hammadi,
Secrétaire national aux Services Publics
Laurence Rossignol,
Secrétaire nationale au Développement Durable

Promis lors des débats du Grenelle de l’environnement, le gouvernement a enfin procédé à la présentation du schéma national des infrastructures de transport (SNIT), qui fixe les orientations des programmes d’investissements publics pour les trente ans à venir.
Sur le papier, les engagements pris lors du Grenelle I semblent respectés, comme lors du vote de cette première loi. Le Parti Socialiste ne peut que se satisfaire des orientations générales du SNIT : les premiers, nous avions appelé à mettre la France sur la voie du rail, du fluvial et des transports collectifs. Il restera toutefois à vérifier dans le détail que les débats à venir sur ce projet permettront de satisfaire les demandes légitimes des collectivités.

En revanche, à aucun moment n’est précisée la manière dont l’Etat participera au financement des projets annoncés. Et l’expérience montre que les infrastructures font toujours les frais des politiques de rigueur.

Avec l’austérité qui se prépare, le Parti Socialiste craint que la participation de l’Etat à ces projets d’équipement soient mise à mal. Alors que le Président de la République accuse les régions d’être trop dépensières, il a pris l’habitude de se défausser sur elle pour le financement des infrastructures. Déjà les besoins de financement de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) ne sont pas intégralement couverts, et ses ressources loin d’être stabilisées avec ce qui ressemble à un abandon des tarifications multimodales, à l’exemple de la taxation des poids lourds ou de l’eurovignette. Et seuls 7 des 15 milliards d’euros prévus pour les lignes TGV, le canal Seine-Nord et les contrats de projets Etat-régions sont aujourd’hui financés.

Nous ne laisserons pas à nouveau l’Etat faire peser sur les seules collectivités locales, qui doivent déjà participer au financement des réseaux de transport du quotidien pour un montant estimé à 53 milliards d’euros, le poids de ses engagements.

Le Parti socialiste sera en conséquence extrêmement vigilant quant au détail du schéma, et veillera à ce que celui-ci réponde d’un aménagement équitable et durable du territoire.

Le Parti socialiste tient à rappeler, par ailleurs, l’urgence de procéder dès aujourd’hui à des investissements clefs dans les transports. Nous refusons que soient relégués à l’horizon 2040 les réponses aux besoins actuels en infrastructures et en matériel roulant. Nous ne pouvons laisser plus longtemps nos réseaux de transport se dégrader, alors que la colère des usagers se fait chaque jour plus forte dans toutes les régions françaises.

Manifestations pour la biodiversité et l’environnement : l’agenda.

Le Rwanda sera le pays hôte de la Journée mondiale de l’environnement en 2010, célébrée le 5 juin. Le thème est cette année « Plusieurs espèces-Une planète-Un futur », en soutien à l’Année internationale de la biodiversité des Nations Unies célébrée en 2010, alors qu’un total de 17.291 espèces sont menacées d’extinction dans le monde.

Découvrez l’exposition artistique réalisée à l’occasion de cette JME 2010.

Le 5 juin également, lancement de l’initiative « 10 :10 » en France, relayée par la Fondation GoodPlanet, pour laquelle le PS s’est engagé. 

Du 7 au 11 juin 2010 aura lieu la 3e rencontre de l’IPBES, en Corée du Sud. Un forum pour les gouvernements et organisations concernées afin de trancher les délibérations, et trouver un accord sur la mise en route d’un nouveau mécanisme, qui doit  renforcer et améliorer les interfaces politiques.

A surveiller : le jeudi 22 avril, la Commission baleinière internationale (CBI) a proposé un projet de légalisation de la chasse commerciale à la baleine pour la première fois depuis 24 ans ! (voir la pétition, mise en ligne sur le Blog Environnement du PS le 29 avril dernier, ici)

Les membres de la Commission Baleinière Internationale décideront d’adopter ou non cette proposition lors de leur prochaine réunion annuelle à Agadir, au Maroc, du 21 au 25 juin.

10 juillet, Niort lance Téciverdi, le festival de la diversité biologique et culturelle. Une première dans la région.
Cet événement, qui aura lieu tous les deux ans, a notamment pour originalité de mobiliser tous les acteurs de la ville, dans un esprit participatif. Il se traduit par six mois d’actions, de février à juillet 2010, et quatre jours d’événements, du 8 au 11 juillet 2010 avec des concerts, des conférences, des expos…

Toujours sur les questions de biodiversité marine, et de ressources halieutiques, et en écho aux échecs de la Cites, du 17 au 27 novembre 2010 aura lieu la 17e réunion de l’ICCAT, à Paris, où devra notamment être abordée la question du thon rouge.

Enfin, la Conférence des Nations Unies sur la diversité biologique, la dixième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique, aura lieu à Nagoya, dans la préfecture d’Aichi, au Japon, du 18 au 29 octobre 2010. Un débat de haut niveau auquel participeront les chefs d’État et de gouvernement aura lieu à New York en septembre 2010, dans le cadre de la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Ces deux grands événements des Nations Unies prépareront la réponse du monde entier à l’appauvrissement de la diversité biologique qui s’accélère, exacerbée par les changements climatiques. Ces débats devraient aboutir à l’adoption, à Nagoya, de cibles internationales pour l’état de la diversité biologique en 2020 et en 2050 et à la définition de modes d’application, de surveillance et d’évaluation qui mobilisent l’engagement actif de toutes les parties prenantes.

Forum des !dées : De nouvelles perspectives pour notre agriculture, notre focus.

Le 14 juin se tiendra le Forum du Parti socialiste sur l’agriculture, à Cluny, en Saône-et-Loire. Les tables rondes organisées aborderont entre autre la question environnementale : « L’agriculture dans la société : les demandes, les enjeux », et « Assurer l’avenir de notre agriculture ».

Avant-goût :

Vers une révolution écologique de l’agriculture

L’écologie doit être un élément moteur pour notre agriculture. Les agriculteurs doivent comprendre et utiliser le fonctionnement de la nature pour produire des denrées alimentaires. Il ne s’agit pas là d’une contrainte, au contraire. C’est là la clé d’une nouvelle forme de compétitivité pour l’agriculture. Une compétitivité non pas basée sur les coûts de production ! Non, car il s’agit là d’un combat perdu d’avance. Plutôt une compétitivité sur les bénéfices sociétaux engendrés par cette nouvelle forme de spécialisation environnementale, chère à l’opinion publique française et européenne. La Bio est de ce point de vue un exemple de cette réussite écologique, économique et sociale. Mais d’autres voies sont ouvertes : lutte contre le changement climatique, développement des énergies renouvelables…

L’agriculture doit rompre avec l’utilisation encore trop systématique de pesticides, d’engrais, et d’énergie fossile. Tous les systèmes d’agriculture durable, parmi lesquels l’agriculture biologique, doivent être généralisés. La Bio a prouvé sa capacité à préserver et améliorer les ressources naturelles. Son développement est nécessaire dans les territoires où il y a urgence à protéger les ressources, en particulier l’eau. Mais c’est bien l’intégralité de notre surface agricole qui devra bénéficier de nouvelles pratiques de production écologiques.  Les effets de cette évolution devront se traduire concrètement en termes d’amélioration de l’état de l’eau, des sols, de la biodiversité.

Le défi de l’environnement ne pourra être relevé par les agriculteurs qu’à la condition qu’ils bénéficient de règles de politique agricole garantissant durablement leurs revenus. Voilà pourquoi il faut revoir en profondeur les règles qui régissent l’économie agricole et refonder la PAC.

Retours sur la CITES à Doha, forum mondial sur les océans, rapport de l’ONU sur l’état de la biodiversité, et pistes de réflexion sur la gouvernance : notre revue de web.

Les réactions de Serge Orru, directeur général du WWF-France, à la suite de la conférence la CITES à Doha, ici, et ici, ainsi que de Stéphane Ringuet, chargé de programme au WWF-France, en cliquant ici. Et l’analyse de Rue 89 sur les mécanismes de décisions à Doha peut être consultée ici.

En parallèle, ici un entretien avec Julien Rochette, chargé de projet Océans et zones côtières à au sujet du forum mondial sur les océans à Paris (3 au 7 mai derniers).

Deux articles concernant la troisième édition des « Perspectives mondiales de la biodiversité », publiée lundi 10 mai par les Nations unies, et le constat d’échec de la communauté internationale a stopper l’érosion de la biodiversité, ici, et ici.

Sur le site lavidesidées.fr, une analyse de l’ouvrage de Patrick Blandin, « l’avenir du vivant », qui propose de définir une éthique de la biodiversité, susceptible d’associer conservation des écosystèmes et gouvernance mondiale démocratique.

2010 est-elle vraiment l’année de la biodiversité ?

Questions à…

Serge Orru, directeur général du WWF France

1) La 3e rencontre de l’IPBES aura lieu du 7 au 10 juin prochain, et portera sur la recherche d’un accord pour l’établissement d’un  nouveau mécanisme, afin de renforcer et améliorer les interfaces existantes en science politique. Faut-il appuyer l’IPBES (équivalent du GIEC pour la biodiversité), et pourquoi ? quels en sont les principaux enjeux?

L’IPBES permet de capitaliser sur les processus déjà existants en créant un cadre qui assurera l’amélioration de la décision politique dans le domaine de la biodiversité. Ce sera aussi un outil qui favorisera une meilleure prise de conscience des citoyens et des politiques quant aux

conséquences de l’érosion de la biodiversité, en s’appuyant sur le modèle du GIEC qui a prouvé son efficacité pour faire connaître les impacts du changement climatique. La biodiversité, c’est la nature tout simplement qui nous délivre des services écosystémiques comme la pollinisation des plantes ou la captation du CO2. Jusqu’à présent, ces services rendus par la nature n’ont pas été intégrés dans notre mode de comptabilité de la richesse or ils sont à son fondement.

L’exemple de la disparition des insectes pollinisateurs est le plus simple à comprendre. L’apport de ces insectes aux principales cultures mondiales en 2005 a pu être évalué à 153 milliards d’euros. Ce qui représente 9,5 % de la valeur de la production alimentaire mondiale. Or, nous constatons un effondrement des pollinisateurs pour des raisons multiples en particulier liées à l’agriculture intensive, comment allons-nous faire pour pallier à cette perte de nourriture ? Nous sommes au cœur de la question du rapport entre la perte de biodiversité et son impact sur l’économie humaine.

2) L’UE a lancé sa campagne sur la biodiversité, alors qu’un sondage Eurobaromètre publié le 09 avril dernier montre que 38 % des européens connaissent le terme, et seulement 17% se disent préoccupés. Comment mobiliser et conscientiser les citoyens sur ce sujet ? les décideurs ? la politique de l’UE est-elle suffisamment claire et affirmée sur le sujet ? (cf Doha)

La biodiversité, c’est complexe et cela paraît étranger à la vie des gens alors que sans biodiversité, la vie n’est pas possible. Il y a sans doute un vrai déficit de communication à l’échelle de l’Union. A l’échelle de la France, nous avons décidé avec l’IUCN, la Fondation Nicolas Hulot, FNE, LPO et la Ligue Roc de lancer une appel citoyen intitulé « la biodiversité, c’est ma nature » (http://www.labiodiversitecestmanature.org) pour faire que la biodiversité devienne une grande cause partagée. Cela étant, il ne faut pas voir l’Union comme un bloc homogène. Sur les sujets environnementaux, la sensibilité des opinions publiques n’est pas là même entre les nouveaux entrants qui sont moins sensibles aux questions écologiques et les pays qui ont une longue tradition juridique de protection de l’environnement comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne. Cela est frappant quand on analyse l’action des Etats pour faire respecter réellement la directive Natura 2000 qui est le cœur de la politique de l’Union sur les questions de biodiversité. Ce qui est certain, c’est que La protection des espèces ou la lutte contre le changement climatique sont maintenant des sujets diplomatiques majeurs pour lesquels l’Union est encore un acteur faible car incapable de parler fortement d’une seule voix sur la scène internationale.

3) Le bilan de la conférence de la CITES à Doha a été qualifié de « triste » pour la biodiversité, en raison du lobbying intensif de certains pays qui ont protégé leurs intérêts commerciaux ; est-ce selon vous un échec complet ? faut-il une remise en question des procédures? Par quels moyens les ONG peuvent-elles influer davantage?

Les règles de commerce de la CITES ne peuvent apporter de bénéfices économiques et assurer la préservation des espèces que dans la mesure où elles sont appliquées correctement et cela n’est malheureusement que trop rarement le cas. Il y a un manque criant de moyens. Ainsi, le Consortium International de Combat contre le Crime sur les Espèces Sauvages (International Consortium Combating Wildlife Crime – ICCWC), nouvellement créé et constitué du Secrétariat de la CITES, d’INTERPOL, de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et de la Banque Mondiale, qui s’est engagé à s’investir dans un certain nombre d’activités communes pour amener les criminels de la vie sauvage devant la justice. Est une excellente idée sur le papier mais manque en réalité terriblement de budget. Cela étant, l’échec de la conférence de Doha sur un certain nombre d’espèces marines ne doit pas faire oublier les succès engrangés depuis les années 70.

Les campagnes pour la biodiversité pour l’année 2010.

Celle de l’Europe, « Biodiversity, we are all in this together » ;

A l’échelle de la France, la campagne organisée par l’IUCN, la Fondation Nicolas Hulot, FNE, LPO et la Ligue Roc, appel citoyen intitulé « La biodiversité, c’est ma nature » .