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Copenhague : un point sur les négociations

« Au cours des trois ou quatre jours à venir, l’exercice consistera à débroussailler le terrain », résumait un négociateur occidental lors de l’ouverture du Sommet de Copenhague.

Les représentants de 194 pays ont élaboré des propositions sur des questions telles que, les objectifs de réductions d’émissions, la vision partagée, le financement de l’adaptation aux changements climatiques ou encore la réforme du MDP, les mécanismes de vérification des engagements des différents pays, ou la lutte contre la déforestation.

Réduction des émissions et vision partagée.

Le président du GIEC, Rajendra Pachauri, a rappelé, lors de la plénière du 08 décembre, que les émissions devaient atteindre leur pic avant 2020.

La déclaration de l’Everest, présentée par le Premier ministre népalais et son cabinet, a remis en avant les principes essentiels de la vision partagée : réduction des concentrations atmosphériques à 350 parties par millions (objectif beaucoup plus ambitieux que celui qui est affiché aujourd’hui – 450 ppm – en lien avec l’objectif de 2°C); engagement des pays industrialisés à financer la lutte contre le changement climatique.

Le texte pointe d’autres éléments essentiels de la vision partagée : un examen régulier des dernières données scientifiques ; la responsabilité commune mais différenciée entre pays en développement et pays industrialisés ; le rôle central que tiennent les droits de l’homme ; et enfin l’intégrité environnementale.

Les chinois ont annoncé une réduction de 40 à 45% de l’intensité en carbone entre 2005 et 2020 (plus difficile à analyser qu’une réduction absolue des émissions). Les Etats-Unis, quant à eux, ne sont pour l’heure prêts qu’à une baisse de 17 % d’ici 2020, par rapport au niveau de 2005, ce qui correspondant à une baisse effective de 4 % par rapport à l’année de référence commune 1990,  contre 20% pour l’Union Européenne.


Financements

Cette conférence dévoile un peu plus la complexité des relations entre pays hors annexe 1: les pays les moins avancés souhaitent que les mentions relatives à la vulnérabilité dans le texte se réfèrent d’abord à eux, tandis que les autres pays en développement tentent de supprimer toute différenciation.

Quelle architecture du financement pour le futur protocole?

· Plusieurs options : utiliser ces institutions existantes, créer de nouvelles institutions, ou choisir une solution intermédiaire.                                                                                                                  voir « Deux questions à »  : Stéphane Hallegatte.  ·   Selon des critères de responsabilité par rapport au changement climatique et de capacité financière, dans l’enveloppe nécessaire et dont le montant oscille entre 100 et 130 milliards d’euros, la part de l’UE avoisine les 30 milliards d’euros. La part de la France serait de 4 milliards.

Le montant du financement immédiat versé aux pays les moins avancés par les pays de l’UE, décidé à l’issue du Conseil Européen, sera de 7,2 milliards d’euros sur trois ans entre 2010 et 2012.

L’Union Européenne doit toujours se positionner sur les financements à moyen et long terme. La semaine  des politiques a donc commencé avec des enjeux critiques.


Le Mécanisme de développement propre

·      La réforme du MDP aura pour objectif principal de statuer sur la répartition régionale des projets, leur efficacité environnementale en termes de développement durable et pas uniquement en termes de réduction d’émissions, l’inclusion des projets forestiers et enfin la place à donner au captage et stockage de carbone (CSC).

· Les MPD ne correspondent pas à tous les secteurs : aux transports par exemple, partie non négligeable du secteur diffus, correspondent seulement 2 MPD sur les 1850 enregistrés. Il est donc nécessaire de réformer les mécanismes de flexibilité et réfléchir à des mécanismes sectoriels.

· Quelle place pour des secteurs ou autres technologies controversées telles que le CSC au sein du MDP? La technologie de CSC présente l’avantage de capter le CO2 rejeté par l’industrie dès sa source de production et à le stocker en sous-sol. Mais : elle a un coût extrêmement élevé (Le prix de la tonne de CO2 captée et stockée est aux alentours de 80 euros alors que le prix de la tonne vacille sur le marché autour de 14 euros) ;  il y a incertitude quant au comportement du CO2 en sous-sol pendant des milliers d’années ; et les projets ne sont qu’à des stades « pilotes ».


Le mécanisme MRV (Measurement, Reporting, Verification, : mesures, notification et vérification)

· Mesurer est la première étape à passer pour réduire. L’objectif à Copenhague est clair : que pays industrialisés et pays en développement mesurent ce que leurs politiques et actions produisent en termes de réduction de leurs émissions.

· La notification concerne également pays développés et pays en développement, seule la fréquence serait différente –une base annuelle pour les 1ers et éventuellement tous les deux ans pour les 2nds-, à travers les instruments sous la CCNUCC. C’est une étape primordiale pour pouvoir comparer les émissions des uns et des autres et pour améliorer certains secteurs.

· Vérifier est le critère qui est au cœur des négociations, car celui-ci suppose une intrusion dans les politiques domestiques, et éventuellement une sanction. Deux options : un rapport autonome, remis par chaque pays ; ou bien l’implication d’équipes rassemblant des experts internationaux, chargés de ces rapports.

Au sein des pays industrialisés, l’UE entend être soumise aux mêmes règles de vérification que les Etats-Unis, qui entendent que la Chine soit soumise au même régime. La Chine, a contrario, souhaite assurer la différenciation entre les règles qui lui seront applicables et celles qui concernent tous les pays développés.


La lutte contre la déforestation tropicale

·       Impacts : perte de la biodiversité et des services écosystémiques, impacts négatifs pour les peuples forestiers. Les objectifs du mécanisme REDD étaient : arrêt total de la déforestation en 2030, en divisant par deux la déforestation d’ici à 2020. Or, REDD reste  un mécanisme purement volontaire.

·        Comme le rappelle l’IDDRI, les pays en développement souhaitent privilégier des actions efficaces contre les causes de la déforestation via des « actions extra-sectorielles » plutôt que de tenter de fixer des objectifs sur les forêts elles-même.

Le travail de négociation, notamment sur les deux textes fournis par les présidents des groupes de travail AWG-LCA sur l’action de coopération à long terme et AWG-KP sur le protocole de Kyoto, est passé des mains des négociateurs techniques à celles des ministres, mardi à 17 heures. Les chefs d’État et de gouvernement arriveront dans la capitale danoise jeudi 17 décembre.

2 réponses à “Copenhague : un point sur les négociations”

  1. Alain a dit :

    Les Droits de la Terre

    Il apparaît particulièrement surprenant voire illusoire d’imaginer que le sommet de Copenhague se conclurait par un accord de haut niveau sur la question du dérèglement climatique, des ses conséquences.

    Comment, en effet, espérer « sauver » une humanité, par essence inhumaine au regard de l’histoire, qui abandonne chaque jour une partie d’elle-même à la désespérance qui est le fondement des mécanismes qui régulent depuis la nuit des temps la soumission des plus faibles (les plus nombreux où qu’ils se trouvent) aux exigences de biens des plus forts.

    Allez dire au milliard de notre humanité qu’il faut sauver la planète alors que la faim et reste la principale préoccupation.

    Allez dire qu’il faut sauver la planète au 1,7 milliard de notre humanité qui n’a pas accès à l’eau potable.

    Et plus près de nous, à un SDF par exemple.….

    C’est un peu comme si l’on voulait donner un avenir à la terre sans se préoccuper de celui des femmes et des hommes qui y vivent.

    La belle affaire !

    A quand un « corporatisme »mondial visant à rédiger et défendre les Droits de la Terre dans sa conception maternelle et nourricière ?

    Car, à l’évidence on défend mieux et en plus grand nombre, des droits lorsqu’ils sont source de mieux vivre, de biens être dans toute ses variétés de formes, notions et de sens.

    Commençons par « sauver » les Hommes et nous « sauverons » la planète et non pas l’inverse qui me parait, en l’état, illusoire.

    La planète ne doit pas plus être un « outil » destiné à la création sans fin et par nature suicidaire au regard des ressources disponibles de richesses individuellement capitalisées, au détriment de la production collective qui en s’éclatant ne laisse que des miettes à l’humanité toute entière.

    Il est utile de rappeler ici que le développement durable marche sur trois pieds, l’environnement, l’économique et … le social !

    Alors, préserver la planète oui, mais pour qui et pourquoi faire ?

    Cette question complexe n’est pas, à mon sens, suffisamment inventée, traitée, suffisamment impulsée, suffisamment popularisée.

    A coup sur, il est aujourd’hui plus simple, pour les chefs d’états de se payer de mots au niveau mondial plutôt que de régler, au travers d’une primo déclinaison intra frontalière, les problèmes sociétaux des populations, dans le sens d’un progrès social économiquement humain, dans sa définition globale.

    Les exemples chez nous, pays riches (ou plutôt pays pour les riches ?) sont frappant et vont à l’encontre de discours visant à « passer à l’acte » sur les questions égologiques.

    Comment en effet espérer régler à l’échelle de la planète des problèmes qui ne sont même pas évoqués au niveau local.

    Je veux dire la notion « des égoïsmes » (et non pas l’individualisme) qui traverse ce que l’on pourrait identifier comme « les groupes humains » qui composent les strates de la ou des sociétés.

    Moins il y a de solidarité, moins il y en aura…

    Et pourtant, là où il y a social, il y a remise en cause, là ou il y a citoyenneté il y a remise en cause, là où il y a éducation il y a remise en cause, là où il y a accès aux besoins primaires nourriture, logement, santé, il y a remise en cause etc, etc…

    Là où il n’y a aucune protection individuelle et/ou solidaire, la recherche de profit, au service d’intérêt financier supra national, puisse à l’infini dans ces « opportunités humaines» socialement rentables….

    Vive le développement durable… du capitalisme !

    C’est le cas en Chine, mais aussi ailleurs, qui est mise au banc des nations alors que ce sont les firmes occidentales qui en délocalisant contribuent d’une part aux émissions de carbone sans frais grâce à l’absence de réglementations contraignantes et d’autre part à générer toujours plus de profits tout en fragilisant le niveau de protection sociale des pays d’origine au travers du chômage et d’une énorme pression concurrentielle sur les salaires, sur le social.

    Sommes-nous les « malgré nous » de la guerre des peuples ?

    Il est d’ailleurs particulièrement savoureux de constater que le capitalisme dans sa soif de résultats s’accommode sans état d’âme, d’un régime communiste dès lors que celui-ci met à sa disposition de quoi faire bouillir la marmite financière.

    Le tout sans réponses aux besoins de droits et de developpement humaniste des populations, ainsi soumissent aux nécessités des « marchés ». .

    Car, la croissance n’est pas toujours, loin s’en faut, synonyme de progrès social.

    La real politique au lieu de la right politique, il faut choisir.

    Alors que faire ?

    Eh bien comme le disait Danton, osons, osons, osons !!!

    Car en y réfléchissant bien, en s’y mettant tous, il doit bien y avoir un nouveau monde à créer.

    Alain

  2. MOREAU a dit :

    Tout ceci est très bien. Mais ne peut-on pas aussi agir localement sur l’aménagement du territoire ? Limoges, ville moyenne au milieu de la campagne, se dévisage petit à petit par la création d’immenses zones commerciales et industrielles. Sur le modèle de toutes les villes de France, on l’entoure de zones inhumaines et moches, passage obligé pour entrer dans l’aglomération. N’y a t’il pas d’autres solutions, plus écologiques, plus sociales, plus humaines ? Il suffit de traverser la France pour se rendre compte que toutes les villes sont touchées. Ne détruisons pas nos richesses. La France s’enlaidie. Et nous perdons quand même nos industries…

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