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Archive pour mars 2010

Eolien : un vent de colère !

Eolien : un vent de colère !
Décidemment, il souffle à l’UMP un vent contraire à la transition environnementale de nos modes de production et de consommation d’énergie.

La Mission d’Information sur l’énergie éolienne mise en place par l’Assemblée Nationale vient de rendre un rapport à charge contre l’éolien, dont les préconisations, si elles sont suivies, vont freiner tout développement.
Ce rapport défend une thèse dépassée et incompatible avec le Grenelle de l’Environnement. Il veut faire du vent un risque équivalent à une usine SEVESO !

Il n’aborde l’énergie éolienne que sous le prisme de la réduction des gaz à effet de serre pour remettre en évidence l’apport de l’énergie nucléaire. Mais l’éolien a d’autres spécificités qui ne peuvent pas être ignorées dans la recherche d’un bouquet énergétique durable et équilibré : sa production locale permet d’échapper à la géopolitique de l’approvisionnement et à l’épuisement des ressources ; sa production ne pèse pas sur les générations futures.

Si le rapport souligne que 150 000 emplois ont été créés en Europe dans le secteur éolien, il omet de préciser que, en France, cela représente 10 600 emplois directs et que 60 000 sont en perspective d’ici 2020 (source ADEME) sans préjuger de la mise en place d’unités de construction ou d’assemblage sur le territoire. Alors que d’autres secteurs industriels sont en perte chronique d’emplois, l’implantation de l’éolien peut permettre d’éviter le démantèlement de lignes de production et les destructions d’emplois associées.

Prenant acte de ces reculs, le groupe socialiste de l’Assemblée nationale s’est exprimé contre ce rapport. Philippe Plisson, député socialiste qui était rapporteur de la mission, a préféré démissionner plutôt que cautionner un tel document.

Communiqué
Laurence Rossignol, Secrétaire Nationale à l’environnement et au développement durable

Abandon de la taxe carbone et recadrage de Chantal Jouanno: les réactions de Laurence Rossignol

L’enterrement de la taxe carbone.

Les réactions et commentaires de Laurence Rossignol, recueillies par France Info, quant à la décision du gouvernement d’enterrer de la taxe carbone (ici), et sur le recadrage de Chantal Jouanno par Nicolas Sarkozy (ici).

Climate week, débat sur la fiscalité verte, offensive des créationnistes contre le changement climatique: notre revue de web.

La Fondation GoodPlanet, la Fondation Nicolas Hulot, le Réseau Action Climat, la Société Météorologique de France (SMF) et leWWF ont organisé la climateweek, la semaine de débat sur le climat, du 22 au 26 mars, avec le parrainage de Jean Jouzel, président de la SMF et vice-président du Groupe 1 du GIEC, interviewé ici par la Fondation Nicolas Hulot.

Un débat sur la fiscalité verte, organisé dans le cadre de la Climateweek, mercredi 24 mars avec François Gemenne, de l’Iddri, qui enseigne également la géopolitique du changement climatique à Sciences Po, et l’économiste Thomas Coutrot, coprésident d’Attac, filmé et visible via ce lien.

Enfin, un article du 4 mars dernier, sur Rue 89, qui décrypte l’offensive des créationnistes contre le changement climatique aux Etats-Unis, ici.

Les «climato sceptiques» et le «fantasme du complot mondial»

Questions à…

Stéphane Hallegatte, chercheur en économie de l’environnement et en science du climat à l’Ecole Nationale de la Météorologie (ENM) et au Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement (CIRED), membre du GIEC et du groupe de travail interministériel sur l’évaluation des impacts du changement climatique.

Alors qu’émergent des autorités mondiales telles que le GIEC, qui tiennent une place au sein de nouveaux mécanismes de gouvernance et sont soumis à de sévères critiques, quelle est la plausibilité d’un « complot climatique »?

Les rapports du GIEC de 2007 ont été approuvés (ligne par ligne) par l’Arabie Saoudite, le Koweït, et l’administration américaine de G.W. Bush… Font-ils eux-aussi partie d’un « complot climatique » ? C’est évidemment absurde. Ces attaques ne sont rien d’autre que de très classiques fantasmes sur les complots mondiaux, qui permettent à certains d’obtenir une couverture médiatique facile. Le risque est d’obscurcir un débat complexe, et de paralyser l’action publique.

Faut-il « réformer » le GIEC?

Réformer n’est pas le bon terme, mais il est clair que les procédures peuvent être encore améliorées, pour les rendre encore plus rigoureuses et transparentes. Mais ne nous leurrons pas : il n’existe aucun rapport de 3000 pages écrit par des êtres humains dans lequel il n’y a aucune erreur. Mais les erreurs qui ont été notées et reconnues ne changent rien aux conclusions générales du rapport, et c’est le plus important.

Comment ne pas se démobiliser face aux climato-sceptiques, et à leurs arguments – qui en rassurent beaucoup?

Le terme de « sceptique » n’est pas le bon : les rapports du GIEC sont « sceptiques », car ils discutent systématiquement des limites de la connaissance, des incertitudes, et des controverses. Les attaques actuelles sur le GIEC ne sont pas le fait de sceptiques : elles sont manipulatrices, biaisées, et intéressées. Aujourd’hui, c’est à tous les acteurs de la société civile de se mobiliser pour que discréditer la science ne deviennent pas une arme politique, comme on le voit aux USA sur le créationnisme.   (cf article de Rue 89)

Où en sont les négociations aujourd’hui, et que peut-on attendre de Cancun?

Les négociations sont au point mort, et on ne peut guère attendre un succès de la conférence de Cancun. En l’absence de décision internationale, il faudra donc travailler à l’échelle européenne, nationale et régionale dans les années qui viennent, pour mettre au point des stratégies et des politiques climatiques sur lesquelles on pourra s’appuyer quand la situation se sera améliorée à l’échelle internationale.

Abandon de la taxe carbone: «la mystification est terminée»

Souvenons nous, c’était, il y a un siècle… En décembre 2009… Nicolas Sarkozy allait sauver la planète du dérèglement climatique, Chantal Jouanno était chargée d’inventer l’écologie populaire, l’UMP allait gagner les élections régionales grâce au Grenelle de l’environnement qui lui rapporterait les voix des électeurs écologistes. Mais la stratégie sarkozienne a échoué à Copenhague, les climato-sceptiques sont passés à l’offensive, le Conseil Constitutionnel est descendu par la cheminée pour déposer dans les souliers des Français l’annulation de la taxe carbone et… pour finir le Parti Socialiste et les écologistes, si convoités, se sont alliés pour carboniser tous les rêves du petit Nicolas.

Sarkozy a  une qualité, il est pragmatique. L’écologie ne fait pas gagner les élections à droite ? Qu’à cela ne tienne «  toutes ces questions d’environnement, ça commence à bien faire » déclare-t-il au salon de l’agriculture !

La mauvaise nouvelle est que la France risque bien de prendre beaucoup de retard dans les 2 ans qui viennent pour accomplir l’indispensable conversion environnementale de notre société. La bonne nouvelle est qu’on y voit plus clair ! La mystification est terminée. Pour aller chercher les voix brunes, la droite oublie le vert.

Dans le même temps, le rassemblement de la gauche et des écologistes a créé une alchimie électorale gagnante et durable. En 2012, c’est nous qui devrons porter un programme de transformation économique, sociale et écologique. Avec les Verts et Europe Ecologie, nous avons pu nous mettre d’accord pour le second tour des régionales. Mais pour répondre à la crise sociale, économique et environnementale,  nous devons élaborer d’abord notre projet, affirmer notre identité,  confronter avec nos partenaires ce qui fait nos différences pour pouvoir ensuite nous rassembler. Le chantier est ouvert, il est passionnant. L’heure de la social-écologie est venue !

Le Parti socialiste soutient l’Initiative Yasuni-ITT

Paris, le 17 mars 2010

Son excellence Carlos Jativa

Ambassadeur de l’Equateur en France

Paris.

M. l’Ambassadeur,

Dans le cadre de son engagement en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, de la protection de l’environnement, et du développement des pays du Sud, le Parti socialiste français a décidé de soutenir l’« Appel National en faveur de l´Initiative Yasuní-ITT en Equateur – Laissons le pétrole sous terre dans le parc Yasuní ! ».

Cette proposition nous semble en phase avec le projet social écologique que nous portons. Il s’agit à la fois de préserver l’habitat des communautés indigènes, de conserver les réserves exceptionnelles de biodiversité des forêts de l’Amazonie, de réduire les émissions de carbone grâce au choix de ne pas exploiter 850 millions de barils de pétrole.

Par ailleurs, ce projet, en prévoyant une compensation, donne à l’Equateur les moyens de poursuivre un développement harmonieux.

C’est pourquoi, au nom du Parti socialiste, je suis fière d’apporter mon soutien à cette initiative, emblématique du monde que nous voulons, à la fois plus solidaire et plus respectueux de nos richesses.

Je vous prie, au nom du Parti socialiste, d’agréer l’expression de ma très haute considération,

Laurence Rossignol,

Secrétaire nationale du Parti Socialiste chargée de l’Environnement.

Vice-Présidente de la région Picardie.