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Archive pour janvier 2011

Gaz de schiste : de la transparence !

Les explications de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, cet après-midi à l’Assemblée ne nous ont pas convaincus, et force est de constater que le gouvernement entretient le flou sur l’autorisation de l’exploration du gaz de schiste et l’exploitation qu’elle induira à terme.

La Ministre n’a pris aucun engagement et a rejeté l’idée de saisir la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) au mépris des engagements du Grenelle de l’environnement. Elle a cependant bien précisé que ce projet avait pour but, éventuellement, de remplacer certaines importations de gaz.

Son prédécesseur au ministère de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, a accordé plusieurs permis de recherche à des fins d’exploration le 1er mars 2010, sans aucun débat démocratique. Or ce projet comporte de nombreux risques écologiques, d’abord parce les techniques utilisées à ce jour impliquent le recours à l’injection de grandes quantités d’eau : 10 000 à 15 000 m3 par puits, soit 7 à 15 millions de litres ; et il faut en creuser un très grand nombre pour récupérer suffisamment de gaz ! Ensuite parce qu’elles nécessitent aussi l’utilisation de divers produits chimiques (plus de 500) : un cocktail polluant à base de produits cancérogènes, reprotoxiques et mutagènes, avec des conséquences désastreuses pour les nappes phréatiques et la santé humaine, comme les études l’ont montré aux Etats-Unis.

Autre conséquence certaine : l’extraction, puis la combustion de milliards de m3 de gaz fossiles, fortement émetteurs de CO2, qui n’auront comme conséquences que d’aggraver un peu plus la crise climatique.

Nous attendons toujours des explications probantes du gouvernement et une expertise transparente sur les conséquences écologiques désastreuses que pourrait avoir l’exploration et l’exploitation de gaz de schiste. Ce projet suscite de grandes inquiétudes chez la population et les élus des départements concernés.

Le gouvernement ne peut se parer des vertus du Grenelle de l’environnement et, en catimini, autoriser sans étude d’impact fiable ce type de projet qui présente de lourdes menaces pour l’environnement et la santé publique.

Paris, le 26 janvier 2011

Communiqué

Aurélie FILIPPETTI, Secrétaire nationale à l’Energie,

Laurence ROSSIGNOL, Secrétaire nationale à l’Environnement et au Développement Durable.

Développement de l’éolien off-shore : face au temps perdu et aux objectifs en baisse, se donner les moyens du succès

Que de temps perdu ! A Saint-Nazaire, le président de la République a annoncé un appel d’offres pour cinq parcs d’éolien en mer qui aurait dû être lancé depuis des mois : il faudra attendre 2012 pour la sélection des candidats et 2015 pour le démarrage des premières machines. Le gouvernement n’a pas seulement tergiversé : il a revu ses objectifs à la baisse. L’annonce d’une première phase de 3000 MW se trouve à mi-chemin de l’engagement inscrit dans le Grenelle de l’Environnement. Il y a pourtant urgence à engager la transition énergétique de la France, donc la substitution graduelle des énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, géothermie…) aux énergies fossiles.

Le zonage de l’appel à candidatures est national, mais le succès de l’éolien off-shore sera territorial. Structuration d’une chaîne industrielle d’excellence, de la conception à la maintenance en passant par la production ; inscription des éoliennes dans l’espace naturel et l’économie maritime – et d’abord la pêche ou le trafic des bateaux ; écoute des préoccupations des élus locaux et des citoyens ; formation aux métiers et aux savoir faire : pour relever ces défis, l’engagement des collectivités territoriales est indispensables. Grâce à leur action en matière de formation, de R&D, d’infrastructures portuaires notamment, les Régions à direction socialiste répondront présentes pour accompagner, innover, former, en lien avec l’ensemble des acteurs.

La première condition du succès réside dans la sélection des candidats à l’appel d’offres national. Le Parti socialiste souhaite qu’elle soit assortie d’engagements précis de la part des porteurs de projets, notamment pour mobiliser le tissu économique local et le réseau de PME et laboratoires de recherche situés en France. Parce qu’elles ont structuré des filières d’excellence, les Régions sont là aussi indispensables à la réussite industrielle de l’éolien off-shore. Le gouvernement gagnerait à les associer à l’élaboration des projets. De même, il est impératif que soit défini un cadre juridique stable, la politique de stop and go du gouvernement sur la filière photovoltaïque ayant les conséquences que l’on connaît.

La transition énergétique est un tout et le gouvernement s’est éloigné de cet objectif. Que sont devenus la fiscalité écologique et la contribution climat-énergie, le soutien au photovoltaïque ou au déploiement des véhicules propres ? Surtout, les énergies renouvelables ne se développeront qu’avec un soutien fort au pouvoir d’achat des ménages. Les collectivités locales encouragent les audits thermiques et l’isolation des logements et des bâtiments afin de réduire la facture chauffage des particuliers. Où est l’ambition nationale de réduction de la consommation d’énergies alors que la première énergie économisée est celle qu’on ne consomme pas ? Les promesses ne suffisent plus, il faut agir.

Paris, le 25 janvier 2011

Communiqué

Aurélie Filippetti, Secrétaire nationale aux questions énergétiques

Laurence Rossignol, Secrétaire nationale à l’environnement et au développement durable

Guillaume Bachelay, Secrétaire national à l’industrie, aux entreprises et aux nouvelles technologies