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Archive pour février 2011

Manifestations pour la biodiversité et l’environnement : l’agenda.

Un forum consacré aux stratégies de « promotion du développement social et de la lutte contre la pauvreté via la gestion durable des forêts de la planète et de leurs écosystèmes » est réuni à New-York par l’Organisation des Nations Unies (ONU) du 24 janvier au 07 février. Tous les États membres sont invités à participer.

Lancement officiel, ce mercredi 2 février, de l‘année internationale des forêts.

Le Forum Biens Essentiels du PS se tiendra le lundi 4 avril. Il traitera notamment de l’accès universel à des biens comme l’énergie, l’eau ou encore les réseaux numériques.

La Nouvelle Stratégie pour la Biodiversité (révision de la SNB), se fera en mai 2011.

Année Internationale de la Forêt, projet Natura 2000 : notre revue de web

Revue de web :

Pour en savoir plus, le portail du réseau Natura 2000 en France et en Europe, et le décryptage des enjeux de ce réseau par la Ligue Roc.

Un site internet pour l’Année internationale de la forêt a été établi au sein du site web du Forum des Nations Unies sur les forêts.

Site auquel font écho de nombreuses pages consacrées à l’AIF sur divers sites d’organisations environnementales telles que  l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, France Nature Environnement, ou encore le WWF, qui a lancé une campagne de sensibilisation sur le sujet, comme la Fondation Good Planet.

Greenpeace s’interroge par ailleurs sur l’accord REDD+ obtenu à Cancun sur la protection et l’utilisation durable des forêts.

Bilan de l’Année internationale de la biodiversité

Questions à …

Christophe Aubel, directeur de la Ligue Roc, association présidée par Hubert Reeves.

copyright : Cyril Bruneau

1) Selon vous, y a-t-il un avant et un après 2010 en matière de biodiversité (en France, en Europe, dans le monde) ?

Il faut d’abord rappeler que la montée en puissance de l’enjeu biodiversité est continue depuis quelques années. En France, le Grenelle de l’environnement a été un moment de cristallisation de cette prise de conscience, mais le mouvement est mondial. L’engagement pris en 2002 par la communauté internationale de freiner l’érosion de la biodiversité d’ici à 2010 était incantatoire, l’échec était donc prévisible, mais il a eu le mérite d’alerter, on peut aussi citer le rôle joué par la conférence « biodiversité, sciences, gouvernance » de 2005 à Paris.

Pour en revenir à votre question, grâce à ce qui s’est passé en octobre à Nagoya lors de la conférence des parties à la Convention sur la Diversité Biologique, on peut dire qu’il y a un cadre qui permet de faire qu’il y ait  un avant et un après 2010 en matière de biodiversité.

Les accords obtenus vont en effet plus loin que les précédents engagements car ils ouvrent la voie de l’action :

  • le plan stratégique 2011/2020 (dit accord d’Aïchi) fixe une feuille de route, que chaque pays doit décliner. Elle contient des engagements forts par exemple l’objectif 3 qui vise à supprimer les subventions néfastes à la biodiversité ou encore l’objectif 5 qui indique « que le rythme d’appauvrissement de tous les habitats naturels, y compris les forêts est réduit de moitié au moins et là ou cela est possible ramené près de zéro » ou bien l’objectif 6 : « tous les stocks de poissons et d’invertébrés et plantes aquatiques sont gérés et récoltés d’une manière durable, légale et en appliquant des approches fondées sur les écosystèmes, de telle sorte que la surpêche soit évitée ». Ce plan est accompagné d’un « plan de mobilisation des ressources », c’est à dire d’un plan de financement. essentiel si l’on veut dépasser le stade des incantatoire !
  • le protocole sur l’Accès et le Partage des Avantages (APA) en discussion depuis 8 ans a été adopté. Les Pays du Sud y tenaient beaucoup car il ouvre la voie d’un partage équitable des bénéfices tirés de la biodiversité. Une firme qui prospectera pour exploiter une substance issue de la biodiversité (cosmétique, médicament…) devra avoir passé, avec le pays d’origine, un contrat prévoyant un partage des bénéfices.

2) Quelles sont les réussites et les ratés de l’AIB ?

Au-delà de Nagoya, il faut à l’international préciser que la décision de créer un GIEC de la biodiversité (ou IPBES, plate forme internationale pour la biodiversité et les services écosystémiques) a été arrêtée en décembre par l’assemblée générale des nations unies. On sait l’importance du GIEC en matière de climat, la création d’une interface sciences/politique équivalente pour la biodiversité est l’aboutissement d’un long combat des scientifiques et des associations.

En France, la première des réussites de l’année internationale, est la sensibilisation : des centaines d’animations ont été menées par les associations, les communes, des entreprises…C’est important car répondre à l’enjeu que constitue pour nos sociétés la perte de biodiversité va nécessiter une adaptation de notre modèle de développement, or pour réussir cette métamorphose (pour reprendre l’expression d’Edgar Morin) il faut d’abord être convaincu de sa nécessité. Se réapproprier l’idée que les humains font partie et dépendent de la biodiversité et que de la qualité de cette dernière dépend la qualité de notre avenir est donc un préalable indispensable.

En terme d’actions il faut saluer le lancement (sur une idée de la Ligue Roc et de France Nature Environnement) de la démarche des Atlas Communaux de la Biodiversité qui vise à permettre aux élus d’avoir un document d’aide à la décision en leur fournissant les enjeux et les atouts de la biodiversité de leur territoire.

Il faut saluer la réussite de la conférence française de la biodiversité à Chamonix en Mai , 450 personnes représentants les associations, les collectivités, les entreprises, les administrations, les agriculteurs, les forestiers etc ont lancé le processus de révision de la stratégie nationale de biodiversité. Citons aussi le travail engagé sur la filière emploi de la biodiversité, en effet les emplois verts de demain seront aussi des emplois biodiversité comme ceux du génie écologique.

Parmi les ratés de l’année internationale, il faut déplorer les insuffisantes avancées en matière de prise en compte de la biodiversité en amont des projets d’aménagement ainsi les LGV continuent de se concevoir au détriment de la nature et l’urbanisation continue de grignoter trop d’espaces naturels et agricoles. Les politiques de biodiversité ne bénéficient toujours pas de financements et des outils à hauteur de l’enjeu, la comparaison avec le climat est à cet égard édifiante, à quand l’équivalent d’une ADEME et de ses financements au service de l’actions en faveur de la biodiversité des collectivités et des autres acteurs ? Enfin la faune sauvage est encore trop souvent vécu, au mieux, comme quantité négligeable comme en atteste la réglementation sur les espèces dites « nuisibles », un concept du XIXème siècle qui ne peut plus avoir cours au XXIème !

3) Quels sont les prochains grands chantiers en matière de biodiversité ?

La mise en œuvre effective de Nagoya ! Tout est là pour changer la donne, encore faut-il la volonté politique de faire. Or en cette période de crise économique on entend les voix de ceux qui disent tout cela coûte trop cher…Pourtant les plus utopistes sont-ils ceux qui, rappelant que la planète est finie, proposent de changer de trajectoire pour construire un monde viable et équitable ou ne seraient-ce pas plutôt ceux qui prônent les mêmes recettes que celles qui nous ont amenés dans la situation actuelle ?

Réussir Nagoya, c’est réussir l’intégration de la biodiversité dans toutes les politiques sectorielles ce qui serait un atout formidable pour tous les territoires et leurs habitants.

Un outil est disponible pour cela : la stratégie nationale biodiversité (SNB) qui doit à la fois mettre en place une action exemplaire de l’état, et ouvrir la possibilité pour chacun, collectivités, entreprises…de contribuer. Cette SNB doit devenir une priorité pour tous les décideurs politiques !

Pour en savoir plus www.biodiversite2012.org

Edito du Secrétariat national à l’Environnement et au Développement Durable

Avoir fait de 2010 l’année internationale de la biodiversité a été la preuve d’un pas en avant extrêmement positif : enfin, la préservation de cette richesse a été élevée au niveau de préoccupation qu’elle mérite. Néanmoins, le constat mondial et européen demeure alarmant. Si le sommet de Nagoya a fixé les engagements pour l’avenir, l’érosion de la biodiversité continue.

Un constat global qui n’empêche pas les réussites particulières, dont il faut s’inspirer pour repenser une politique de préservation innovante, et ambitieuse. A l’image de celle du projet Natura 2000, porté par l’Union Européenne. Le 10 janvier dernier, le commissaire européen à l’Environnement Janez Potočnik annonçait que le réseau Natura 2000 s’était enrichi de 739 sites supplémentaires en un an.  Ce réseau écologique, qui couvre près de 18 % du territoire de l’Union, a pour objectif d’assurer la conservation et la protection de zones de grande valeur du point de vue naturel  – par espèces, par habitats et par milieux écologiques.

La révision de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité devrait ainsi s’assigner plusieurs objectifs essentiels : intégrer les positions défendues au niveau international (Nagoya, IPBES, etc…) – dans les politiques nationales qui en découlent. Créer des plans cohérents de gestion d’aires biogéographiques fonctionnelles et patrimoniales, y compris pour les grands carnivores tels que le loup ou l’ours des Pyrénées. S’étendre à tous les champs, jusqu’à l’économie ou encore l’éducation, essentielle pour que les générations futures s’engagent pour la protection et la préservation de leur patrimoine naturel. Communiquer et favoriser l’engagement citoyen en faveur de la biodiversité via des moyens simples : le bénévolat, le volontariat d’entreprise, le service civique…

Comme on le soulignait en juin dernier, ces actions marquent un début, non une fin.

A l’Année internationale de la biodiversité succède aujourd’hui, 2 février 2011, l’Année internationale de la forêt. On aurait pu aussi la nommer Année internationale de lutte contre la déforestation. Et même si on dénonce la vente bradée de l’hippodrome de Compiègne, la déforestation concerne essentiellement les pays tropicaux. C’est donc tout à la fois une question de lutte contre le changement climatique et une question relative au développement des pays concernés. C’est un objectif reconnu dans l’accord de Copenhague, confirmé à Cancun. Le REDD+ est un des volets les plus avancés, si les pays qui s’y sont engagés font l’effort de financement nécessaire, la lutte contre la déforestation donnera l’impulsion nécessaire à un nouveau développement rural dans les pays tropicaux.